https://france3-regions.franceinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/isere/vienne-38/ce-n-est-pas-un-simple-fait-divers-apres-le-suicide-de-joris-sos-racisme-pointe-de-plus-en-plus-d-actes-racistes-dans-le-nord-isere-3389074.html ("Ce n’est pas un simple fait divers" : après le suicide de Joris, SOS Racisme pointe "de plus en plus d’actes racistes" dans le Nord Isère)
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Après la mort de Joris, 21 ans, qui se serait suicidé après des mois de harcèlement à caractère raciste, l’association SOS Racisme réagit dans un communiqué. Elle dénonce une multiplication des discriminations, notamment dans le Nord Isère d’où était originaire le jeune homme.
Depuis la médiatisation de l’appel à témoins lancé par la famille de Joris, l’histoire du jeune homme a ému de nombreuses personnes dans tout le pays.
Une semaine après sa mort, l’association SOS Racisme a souhaité réagir par voie de communiqué, d’abord pour apporter "toute l’aide juridique, humaine et militante" dont sa famille pourrait avoir besoin.
"Ce qu’a vécu Joris est inadmissible, souffle Ludovic Herbepin, référent SOS Racisme du Nord Isère. Ça suscite beaucoup de colère".
"On le traitait de sale arabe"
Selon les proches de Joris Laurencin, le jeune homme se plaignait depuis longtemps d’être victime d’insultes racistes. "On le traitait de sale bougnoule, de sale arabe. Il commençait même à être complexé, et disait à son père qu’il regrettait sa peau mate. Il tenait sa couleur de peau de sa mère, qui est ma sœur. Nous sommes des Français d’origine algérienne", confiait son oncle à France 3 Alpes dans notre article publié ce samedi 18 juillet.
Selon l’entourage, Joris aurait été humilié pendant plusieurs années par le même groupe d’hommes. "Des sportifs, les beaux gosses du coin", ajoute l’oncle. Deux semaines après avoir assisté à la vogue du village voisin, à Saint-Jean-de-Bournay, le jeune cariste s’est tiré une balle dans la tête avec l’arme de chasse de son père.
Persuadés que leur fils a subi l’humiliation de trop pendant cette soirée du 30 juin, ses parents ont lancé un appel à témoins pour savoir ce qu’il s’est passé ce soir-là.
Un racisme décomplexé ?
Pour SOS Racisme, ce drame "n’est pas un simple fait divers". "Depuis de nombreux mois, SOS Racisme alerte sur la recrudescence des injures racistes et du harcèlement visant des personnes en raison de leur origine, souligne l’association dans son communiqué. Les paroles qui hier encore suscitaient une condamnation unanime sont aujourd’hui de plus en plus assumées, répétées, revendiquées".
À l’échelle du Nord Isère, Ludovic Herbepin dresse le même constat. "Depuis deux ans, on remarque qu’il y a de plus en plus d’actes racistes et antisémites dans le Nord Isère.
À la Côte-Saint-André, il y a eu sept tombes de gens du voyage profanées par des tags nazis, des croix gammées ont été dessinées sur une école primaire à Ruy et à Biol, l’un des rares habitants de confession musulmane a retrouvé une tête de cochon devant son garage" énumère-t-il.
"On a l’impression de ne pas faire assez contre toutes ces idées nauséabondes véhiculées par l’extrême droite" regrette-t-il.
L’oncle de Joris a lui aussi évoqué "les gros scores du Rassemblement National" dans le secteur. À Châtonnay, où vivait le jeune homme avec son père, le parti d’extrême droite a obtenu 55% des voix lors des dernières élections législatives.
Selon le Dauphiné Libéré, entre les élections présidentielles de 2017 et de 2022, Marine Le Pen aurait glané plus de 20 000 voix au second tour dans les circonscriptions nord iséroises.
Une enquête en cours
"Toute la vérité doit être faite sur la mort de Joris", conclut le référent isérois de SOS Racisme.
Contactée, l’avocate de la famille Laurencin affirme que ses clients ont déposé plainte à la gendarmerie de Saint-Jean-de-Bournay pour "harcèlement aggravé par le suicide".
Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances de la mort du jeune homme.
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