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Carnets de tout et de rien

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Carnets de tout et de rien @carnets-de-tout-et-de-rien@blogs.gayfr.social · Jun 29, 2026
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Toute première fois...

<p><em><strong>Avertissement</strong></em> : Cet article évoque de manière littéraire ma toute première expérience intime, il y a près de quarante ans. Je la relate car elle m’a marqué de plusieurs manières et aujourd’hui encore, j’ai de la reconnaissance envers celui qui m’a <em>initié</em>. Ce texte ne contient rien d’explicite! A lire avec esprit d’ouverture néanmoins. [...]</p> Hover or focus to reveal Sensitive
Avertissement : Cet article évoque de manière littéraire ma toute première expérience intime, il y a près de quarante ans. Je la relate car elle m’a marqué de plusieurs manières et aujourd’hui encore, j’ai de la reconnaissance envers celui qui m’a initié. Ce texte ne contient rien d’explicite! A lire avec esprit d’ouverture néanmoins. Introduction Précisons tout de suite, cet article n’a rien à voir avec la chanson de Jeanne Mas même si elle est de la même époque et que c’est une bonne chanson! Par la force des choses et bien malgré moi, j’ai été précoce dans pas mal de domaines… Trop tôt devenu adulte et souffrant d’un manque d’affection, j’avais compris très vite que j’étais différent et à quinze ans je rêvais déjà de me blottir dans les bras d’un homme, et à dix-sept, je suis passé du fantasme à la réalité. Nous sommes donc en 1987. A cette époque, il y avait un journal toutes-boites dans la région liégeoise qui s’appelait Publi-Hebdo et dedans, il y avait des annonces de rencontres y compris d’hommes cherchant des hommes. Souvent, il y avait soit un numéro réponse à adresser à la gazette mais parfois, certains donnaient un numéro de téléphone. Je scrutais ces annonces avec envie. J’ai même osé téléphoner d’une cabine à certains mais sans succès comme on s’en doute. Mes rêves étaient souvent peuplés d’hommes, souvent des acteurs de séries télévisées… Je me souviens particulièrement de l’acteur incarnant Francis 14 dans l’âge de cristal qui revenait souvent… Je remarquais aussi que je n’avais d’yeux que pour les hommes pendant que mes camarades de classe étaient plutôt portés sur les poitrines saillantes de certaines chanteuses ou actrices. Oh, il y avait des chanteuses ou actrices que je trouvais belles mais sans plus. Par contre certains chanteurs ne me laissaient pas indifférent. Habitant près de l’Allemagne et des Pays-Bas, j’avais aussi accès à des lectures autres comme le célèbre magazine allemand pour jeunes et donc grand public Bravo et ses pages sexo pour les jeunes… Quelque chose d’inimaginable en Belgique à l’époque. Ce magazine existe toujours aujourd’hui! En 1987, on était majeur à 21 ans, j’étais donc encore loin d’avoir le droit à fréquenter clubs, bars, saunas ou même acheter une revue spécialisée comme on disait et bien qu’elles furent censurées, elles s’exposaient sans retenue dans les vitrines des kiosques de gare et même chez le marchand de journaux au coin de la rue! Je me souviens qu’il y avait en vitrine des revues homo aussi au titres évocateurs comme Nous ou Boys. C’étaient de petits formats remplis d’histoires stimulantes mais tout cela me restaient inaccessible. J’avais beau n’avoir que dix-sept ans, je savais, par je ne sais quel miracle où se trouvaient certains lieux de drague homosexuelle en ville. J’avais un peu peur de tomber sur quelqu’un qui me connaisse ou connaisse mes parents alors pour ma première expérience, j’avais choisi la capitale. Direction Bruxelles Je ne me souviens plus exactement de la date mais ça devait être fin 1987; mon frère cadet rendait visite à une copine avec qui il s’était lié d’amitié lors des vacances à la mer durant l’été. Comme il n’avait que onze ans, je l’avais accompagné et déposé chez sa copine et devait le récupérer en fin d’après-midi. Pour moi, le programme était différent, il y avait du tram et du métro au programme mais autre chose aussi… Quelques temps auparavant, j’avais remarqué un curieux manège dans la mezzanine de la gare centrale dans les environs du kiosque à journaux qui se trouvait là à l’époque, il y faisait assez sombre (par comparaison avec aujourd’hui). Ce kiosque avait une vitrine où trônaient toutes les revues spécialisées et j’avais remarqué que des messieurs allaient et venaient ragardant ces revues avec intérêt, s’en allaient et puis revenaient. Soit, je ne sais ce que j’imaginais mais j’avais envie d’être dans les bras d’un homme et cette envie m’a poussé à moi aussi, déambuler et m’arrêter devant les revues. Il n’a pas fallu longtemps pour qu’une épaule frôle mon épaule. L’excitation est à son comble mais la panique aussi! Je fais comme si de rien n’était et me remet en marche, passe près du gars qui me sourit. Je reviens vers le kiosque et le voilà qui me frôle à nouveau avant de s’éloigner vers la sortie de la gare dans la rue Ravenstein. Il se retourne pour voir si je le suis. J’hésite, pas très longtemps, et le suis. A la sortie de la gare il s’arrête et moi, pris de panique, je passe comme une fusée devant lui sans m’arrêter et sans le regarder. Je m’arrête un peu plus loin, il est toujours là, il me regarde et me sourit. L’envie étant plus forte que la crainte, je reviens sur mes pas et lui lance tout de go “Vous êtes homosexuel?”. Comme entrée en matière on a vu mieux, je n’en reviens toujours pas que j’ai pu dire une chose pareille à un inconnu en pleine rue! Il me répond posément que oui, il était homosexuel et me retourne la question. Je lui réponds que je ne sais pas encore bien. Il me propose alors d’aller vérifier cela chez lui. Il habite pas loin de là, dans le quartier Louise. J’hésite un instant, j’ai quand même mon frère à récupérer… Quel affaire s’il m’arrivait quelque chose et que je ne sois pas là à l’heure indiquée… Me fiant à mon instinct, je décide de suivre ce jeune-homme et nous voici à la rue Royale pour prendre un tram en direction de la place Stéphanie. Je lui explique que je dois être à tel endroit à tel heure et il me rassure, j’y serais sans faute. Le grand moment Plus moyen de reculer, et d’ailleurs, je n’en ai pas vraiment envie. Nous arrivons dans un petit appartement et j’ai une image encore assez précise du lieu et notamment de ce lit à même le sol avec une sorte de moustiquaire noire qui le transforme en nid ou cocon. Si pour beaucoup, la première fois reste un souvenir assez flou et pas spécialement transcendental, ce ne fut pas le cas pour moi. C’était très doux du début à la fin et avec beaucoup de prévenance. Il m’avait même donné le conseil de voir un urologue car je souffrais d’un phimosis. J’ouvre ici une parenthèse : Conseil que je n’aurais jamais eu de mes parents, et qui me vaudra un énième dispute avec mon père… mais au moins, j’aurais tenu bon et même s’il n’était pas d’accord, je suis quand même allé voir l’urologue qui avait été formel : soit on pratiquait une ablation du prépuce, soit j’allais vivre malheureux (ses propres mots) toute ma vie. Une opération faite à la mi-juin 1988 malgré l’opposition de mes parents mais mis devant le fait accompli, ils ne purent rien faire, l’urologue avait joué finement, merci à lui! Mon père a fait un scandale à l’hôpital et j’ai du le faire mettre dehors mais ça, c’était une habitude… malgré tout, pour la première fois de ma vie et bien qu’étant mineur au sens de la loi, j’avais décidé pour moi-même et non pas laissé décider quelqu’un à ma place de ce qui était bon pour moi! Retour à ce jour mémorable. Si j’avais encore des doutes sur mon orientation sexuelle avant ce moment partagé avec ce jeune-homme, ils s’étaient envolés mais une autre crainte apparût aussitôt… Comment mes parents allaient-ils réagir le jour où ils l’apprendront… je n’étais guère optimiste… et craignait de me retrouver à la rue… (bien que j’aurais sans doute trouvé refuge chez ma grand-mère maternelle). Il m’a remis sa carte de visite et m’a invité à le recontacter si jamais je passais à Bruxelles. Bien sûr, ça ne s’est jamais produit. J’ai bien essayé quelques fois de le joindre mais sans succès mais une chose était sûre, j’avais envie de recommencer et je savais aussi où je devais me rendre pour ça! Et ça n’était qu’un début… Une surprise de taille, des années plus tard Il y a des années de cela, au détour de la lecture du journal Le Soir, je m’arrête sur un article et surtout sur le nom d’un pédopsychiatre qui parle de son nouveau livre. Et stupeur, le prénom, peu courant, et le nom de mon premier amant apparaît en toutes lettres! Beaucoup de choses s’éclairent dans mon esprit qui explique pourquoi cette première expérience fut aussi marquante et reste un souvenir éveillant une certaine nostalgie quand j’y repense. Il y a peu, j’évoquais avec un ami cet épisode de ma vie et en cherchant sur Internet, j’ai trouvé plusieurs pages sur ses livres et ses activités qui ont confirmé que pour une première expérience, je n’aurais pas pu mieux tomber! Conclusion Je suis reconnaissant envers cet homme car cette rencontre fortuite m’a donné du courage pour la suite et a surement contribué à l’acceptation de moi-même et à mon auto-détermination. Néanmoins, aujourd’hui encore, je m’étonne de l’audace et de l’aplomb avec lesquels j’ai abordé ce jeune-homme à l’époque et je me dis que j’étais quand même inconscient dans un certain sens… mais cela est bien connu, les adolescents sont souvent téméraires et impulsifs et je n’ai pas échappé à la règle pour une fois! Cette histoire peut-être vue en miroir avec un autre billet que j’ai écrit auparavant. #blog #PremièreFois #homosexualité #adolescence Les écrits de ce blog reflètent les opinions de l'auteur sur les sujets abordés à travers le prisme de son vécu et de son ressenti. Merci pour votre lecture. Si vous souhaitez réagir à ce blog, vous pouvez me contacter via mon compte @Eric_ours_polaire@gayfr.social .
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