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Vincent Breton

@vbreton@vincentbreton.fr
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L'écriveur — « Vivons heureux en poésie ».
Chaque jour : journal, fiction, poésie & chansons.
Un site indépendant, écoresponsable et sans IA : pas de cookies, pas de traçage.
Après avoir travaillé dans l'enseignement aux quatre coins du pays, j'ai posé mes valises en Occitanie (Rouergue)

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Vincent Breton @vbreton@vincentbreton.fr
· 5mo ago

Quand on écrit un site singulier comme celui-ci, où se reconnaissent pas mal de gens à part, la difficulté est de ne pas exclure, de ne pas effrayer. Il ne s’agit pas de chercher la popularité, mais de tenter d’inviter à franchir la porte, de rassurer, d’envoyer des signaux d’ouverture puisqu’on la prône. Passer par le geste poétique ?

Qui vient ?

Je ne regarde pas beaucoup les statistiques du site mais en les étudiant on voit une chose qui perdure et étonne : plus de 60 % des personnes qui le visitent, sont des linuxiens amateurs de Firefox. Rien à voir avec les moyennes habituelles.

C’est un site de « niche » me dit-on et qui a trouvé son public. Et c’est d’autant plus réjouissant que les visites humaines y sont nombreuses, régulières…

J’ai déjà dit ça. Cela en fait un « site à part ».

De plus, un site qui place la poésie au cœur, cible encore plus cette idée de « niche », la singularité.

C’est un site pas mal lié à Mastodon, au Fédiverse et parmi les personnes abonnées, poètes, artistes en tous genres, polymathes, amoureux de la langue, curieux, libristes, mais aussi d’autres concernées par les différences de toutes sortes viennent dessiner un joli camaïeu de diversités.

J’ai découvert grâce au site, plus d’une personne intéressante, c’est aussi ce qui pousse à écrire.

Ça peut faire peur

Je me disais hier soir, par exemple lorsque je parle du Fédiverse qui peut sembler très étranger à beaucoup, que si certains s’y retrouvent, ont les codes, d’autres qui arrivent ici par le hasard d’un moteur de recherche, s’ils cliquent plus loin que la page qu’ils ont trouvée — ah ! le fameux monologue de Don Diègue qui doit amener ici pas mal de lycéens ! — en même temps peuvent se demander où ils sont tombés.

Éviter le risque élitiste

Une des qualités qui a permis à Jacques Prévert de se faire apprécier largement, c’est d’avoir su éviter toute tentation élitiste. Dans le même mouvement, il a évité toute démagogie ou racolage parce qu’il a su introduire ce qu’il fallait de subversion dans ses mots. Un mélange de lucidité joyeuse, de cruauté jubilatoire et d’autodérision.

Ma question n’est pas de toucher le plus grand nombre, mais de ne pas donner le sentiment que l’accès des lieux (le site) serait réservé à celles et ceux qui en auraient les codes.

Je le dis en étant d’autant plus à l’aise que moi-même, bien souvent, je reste à la porte quand je lis certaine littérature ou même simplement des messages sur Mastodon émanant de tel groupe, de telle communauté. Je me trouve à devoir traduire pour découvrir le plus souvent, enfin de compte, que la même chose pouvait se dire simplement en français littéral.

Quand j’enseignais, mon obsession était sans cesse de fournir le décodeur à l’élève le plus éloigné de la culture scolaire. L’explicitation.

Combien de fois ne me suis-je moi-même heurté à des algèbres aussi mystérieuses que les hiéroglyphes ?

Mais alors comment faire ?

Je ne veux pas perdre celles et ceux qui se reconnaissent dans ce qui est proposé. Pas plus aller racoler. Je ne peux être que dans l’invitation.

« — As-tu déjà pensé à ce que la poésie pourrait t’apporter au quotidien, pas seulement à la lire ou l’écrire, mais en la vivant ? As-tu vu ces richesses insoupçonnées en toi, cette différence, cette liberté que tu possèdes à pouvoir jouer avec les mots, tracer ton propre chemin, te libérer de contraintes ? »

Quand je parle de Mastodon plutôt que Facebook, je ne parle pas de bien et de mal, mais d’une possibilité de s’émanciper de contraintes imposées, de se libérer de la société de surveillance…

Quand j’invite à se relier au présent, à se souvenir de l’enfant que nous étions, ce n’est pas pour céder à la naïve insouciance mais juste inviter à se relier à la vie, à son souffle et y trouver à la fois énergie, confiance et révélation de soi.

Oui mais comment faire ? Je ne veux convertir personne à rien d’autre qu’être soi-même, trouver son propre espace d’expression, d’émancipation.

La plupart des gens n’ont pas peur des livres. Ils ont peur d’entrer dans la bibliothèque ou la librairie en pensant que le lieu n’est pas fait pour elles et eux. Ils ne vont pas non plus au théâtre par ce que le spectacle vivant leur semble étranger, ils ne vont pas au musée parce qu’ils pensent qu’il faut savoir déjà avant d’entrer.

Tout cela ne dit rien de la façon dont je peux rendre cette boutique gratuite, ce site, aussi attrayante que possible, au moins pas effrayante pour la passante ou le passant de hasard.

« — Entre donc, n’aie pas peur ! »

Non, ce n’est pas la bonne entrée.

Glisser un poème et une invitation à en créer dans l’ombre. La curiosité reste cette petite flamme que les conventions s’évertuent à masquer, étouffer. « — Tu sauras plus tard, tu apprendras quand tu seras grand. »

L’ennui, c’est que malgré l’âge, je ne parviens toujours pas à grandir. Si grandir c’est renoncer. L’impatient petit garçon avide de vie est toujours là. Il ne dort pas.

À cinq ans, il se levait déjà à cinq heures et voulait vivre, jouer, inventer des histoires et chanter.

La plupart des enfants naissent avec cette flamme de curiosité et cette soif d’apprendre. La Société s’est évertuée à verrouiller cette énergie parce qu’elle pourrait aider les individus à s’émanciper des pouvoirs en place. Pour se préserver, la Société nous a appris à avoir peur de nous-mêmes pour que nous n’osions pas réinventer notre propre chemin, notre existence.

Parce que nous sommes censés être raisonnables. Elle nous fixe cela comme devoir alors que ni la domination, ni la guerre qu’elle favorise ne sont raisonnables.

L’élitisme, l’entre-soi du happy few voilà le piège auquel il faut sans cesse résister, y compris en pensant contre soi, mais peut-être en cherchant à faire tomber les peurs en soi, de soi, de l’autre…

Ici c’est sans danger, ici on respecte la lectrice et le lecteur, ici on ne demande rien à qui passe, rien d’autre que d’oser libérer sa curiosité, comme lorsqu’on ose ôter la laisse au chien en promenade et qu’il peut enfin courir joyeusement explorer le monde. La joie. Y a-t-il quelque chose de plus subversif ?

Tout cela ne dit pas vraiment comment ne pas écrire pour un happy few.

À suivre !

Municipales 2026 : a voté ! – Vincent Breton
Vincent Breton

Municipales 2026 : a voté ! – Vincent Breton

J'ai toujours voté. Mais aujourd'hui je dirais que j'ai voté par politesse. Ici, une seule liste, alors pas de suspense autre que celui de la participation ou p

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Vincent Breton @vbreton@vincentbreton.fr
· 5mo ago

Chaque dimanche je vous donne à voir un peu de la vie du site, des liens vers les articles de la semaine, des échos de l’atelier et pour la mémoire un article puisé parmi les 1242 déjà en ligne.

✍ Notes en marge

Le mot clé de la semaine était la différence avec la double idée de l’assumer et de la questionner. Ce site est différent, singulier. C’est logique, c’est sa nature, puisque c’est un lieu d’expression personnel. Son éclectisme apparent traduit tout de même une cohérence, une convergence. « Vivre en poésie » c’est une démarche. Si j’essaie que ce site réponde à une certaine esthétique, une certaine exigence éthique, c’est pour tenter de m’exprimer au plus près de ce que j’ai à partager, avec sincérité. C’est aussi pour me conduire vers des rencontres nouvelles et malgré le commerce et le bruit, Internet permet encore d’exercer sa curiosité.

🌬️ Dans le flux

Pour nos abonné·es du Fédiverse, une nouvelle rubrique délivre de petits messages qui leur est dédiée. Et si vous preniez enfin un compte Mastodon par exemple ?

Sa différence ? On la sait souvent très tôt.

https://vincentbreton.fr/bien-sur-que-je-savais-ma-difference/

Penser autrement semble parfois un risque

https://vincentbreton.fr/le-risque-de-penser-autrement/

mais avant même de prétendre cultiver sa différence, il faut oser sa singularité, aller la chercher, la découvrir en soi… le fameux « connais-toi toi même »…

https://vincentbreton.fr/oser-trouver-sa-singularite/

Il y eut aussi une chanson cette semaine où l’o a retrouvé Rimbaud serveur dans un fastfood :

https://vincentbreton.fr/cest-maintenant-fini-chanson/

et j’ai adopté un raton laveur !

https://vincentbreton.fr/le-raton-laveur-resolu-sest-installe-a-la-maison/

✂ L’atelier

Un jour j’organiserai un grand jeu pour vous inviter à trouver d’une semaine sur l’autre, les « différences » dans la mise en page ou la mise en forme du site. Le menu a quelque peu évolué et des ajustements ont été faits de la page présentations. C’est la page destinée à celles et ceux qui découvrent le site.

🧠 Mémoire vive

Il y a un an je partageais cette chanson et son texte, inventée à Quimper à l’époque des grandes marées.

https://vincentbreton.fr/la-chanson-aux-grandes-marees/

Que la semaine à venir vous soit aussi douve et agréable que possible !

Chansons à écouter - page de présentation de la rubrique
Vincent Breton

Chansons à écouter - page de présentation de la rubrique

cette page vous permet de retrouver l'ensemble des chansons de Vincent Breton à écouter en libre accès sur son site

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Vincent Breton @vbreton@vincentbreton.fr
· 5mo ago

Une chanson où l’on retrouve Rimbaud serveur dans un fast-food. Comme le temps a passé, on est bien dépité. Une chanson c’est une chanson. Pas une autobiographie. Et pourtant…

C’est maintenant finiLe texte
C’est maintenant fini,
À bouche que veux-tu ?
Ce temps, il est fini
Des étreintes faciles
Des corps dociles qu’on jette
En travers du désir,
On ouvre la braguette
On va, on vient, il faut partir

C’est maintenant fini
Ces bouches au goût de fraise
Ce temps il est fini
Des semences dispersées
Dans des ventres inconnus
La nudité offerte,
On s’élance, on se jette
Il faut déjà partir

C’est maintenant fini
Ces moiteurs de mois d’août
Ce temps il est fini
Dans les draps déchirés
On pare au plus pressé
On délaisse son doute
On efface on se casse
Ne jamais revenir

C’est maintenant fini
Rimbaud sert au Mac Do
Ce temps il est fini
Et ses cheveux sont gras
Verlaine tient la caisse
Il te regarde pas
Verlaine il est pas beau
Arthur a deux petites fesses

C’est maintenant fini
Fini dorénavant
Et de s’amouracher
Se soumettre aux tourments
D’une éjaculation transie sur le pavé
Pas envie d’un amant
Si jeune et déjà, décomposé !

C’est maintenant fini
fini


Retrouvez d’autres chansons à la page dédiée !

Chansons à écouter - page de présentation de la rubrique
Vincent Breton

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Vincent Breton @vbreton@vincentbreton.fr
· 6mo ago

Obnubilés par les grandes villes, la compétition entre les partis, les médias s’exonèrent à bon compte d’une analyse des votes dans les petites communes, y compris celles où une seule liste se présentant, souvent sans étiquette, l’enjeu semblait réduit, et pourtant, sous les chiffres, il y a bien des questions qui devraient alerter.


Sans rature, ni panachage

70% des communes françaises ont moins de 1000 habitants. Ce sont des communes rurales, souvent de cette France qui se sent oubliée, avec peu de services publics encore présents, désert médical, mal desservie. Pour ma commune, on est loin des zones d’attraction urbaine.

Dans ces communes très souvent une seule liste se présentait, obligatoirement paritaire avec interdiction dorénavant de barrer des noms ou de panacher des listes. Je suis donc allé voter sachant d’avance qui serait élu.

100 % des sièges pour 11 conseillères et conseillers.

Comme dans de nombreux lieux, même si la liste a été renouvelée pour accueillir des dames, la prime est venue « naturellement » au maire sortant.

Dans de très petites communes comme la mienne, où l’habitat est dispersé, les gens n’aiment pas les conflits ouverts et le maire se présentant sans étiquette officielle, personne n’a imaginé constituer une deuxième liste.

Des questions sous les chiffres.

La participation était de 62,46%. En progression… mais il faut creuser un peu.

131 personnes ne sont pas allées voter.

173 ont voté en faveur du Maire.

10 ont voté blanc.

35 ont voté « nul ».

Compté séparément depuis 2014, le vote blanc n’est pas pris en compte en France. On peut supposer que c’est un acte « volontaire » au sens d’une volonté de se déplacer pour dire que l’on ne saurait choisir.

Il faudrait analyser les bulletins nuls pour savoir pourquoi ils l’ont été : des personnes ne connaissaient-elles pas la nouvelle réglementation ? Dans d’autres communes voisines, je n’ai pas trouvé autant de bulletins nuls… Ces personnes ont-elles écrit des messages particuliers, déchiré leur bulletin ? C’est une forme d’expression qui ne sera partagée qu’en direction des personnes chargées de dépouiller…

On peut noter qu’un peu plus de 20% des électeurs qui se sont déplacés n’ont pas voté pour la liste. Si on les ajoute au 131 qui sont allés à la pêche, 176 n’ont pas voté pour la liste élue contre 173… Cela nuance à tout le moins le sentiment de plébiscite que l’on pourrait avoir.

Et il ne faut pas oublier que 101 voix s’étaient portées sur l’extrême droite au second tour de la dernière élection présidentielle… avec au premier tour 27,07% pour l’extrême droite et 26.32% pour Jean-Luc Mélenchon…

Le bouche à oreille ne suffit pas à la démocratie

Dans les petites communautés, faute de moyens, l’exercice démocratique est fort limité. C’est le bouche à oreille, les échanges individuels qui priment. Je n’ai reçu aucun bilan du mandat précédent, pas de réunion publique et j’ai découvert par hasard un projet modeste dans les médias. La convivialité accompagnée par la commune s’exprime surtout en « repas des anciens » et du côté de la fête locale animée par des jeunes… dont je crains qu’ils ne soient guère allés voter.

Quand tout le monde se connaît, c’est un peu comme dans les familles, on n’ose guère proposer des nouveautés qui viendraient rompre avec les habitudes…

À la campagne, je ne sais si c’est un bien ou un mal, il n’y a pas de partis politiques, de vie militante… Le réseau associatif vivifie souvent plus les communes que l’action municipale limitée par des budgets réduits et dont le pouvoir est souvent délégué à des communautés de communes…

On pourrait mettre ces questions sous le tapis et les oublier. Ce serait une erreur. Ethnologues, sociologues, politiques, on vous attend pour mieux comprendre et proposer d’autres démarches !

Municipales 2026 : a voté ! – Vincent Breton
Vincent Breton

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J'ai toujours voté. Mais aujourd'hui je dirais que j'ai voté par politesse. Ici, une seule liste, alors pas de suspense autre que celui de la participation ou p

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Vincent Breton @vbreton@vincentbreton.fr
· 5mo ago

Resolute Raccoon, nom de code 26.04, c’est la toute nouvelle version d’Ubuntu et je viens de l’installer. Si vous doutiez que je suis du genre impatient, vous voyez que contrairement aux conseils de sagesse, j’aime ne pas attendre et tester. Donc voilà tout est en place ! Et ça roule avec de vrais changements, si ! si !

Une presque vieille habitude

J’ai déjà raconté mille fois ma transition vers Linux et Ubuntu. 11 ans révolus, et non, rien de rien, je ne regrette rien.

Je n’oublie pas surtout les longues heures passées après les mises à jour de Windows qui exigeaient d’aller chercher le bon pilote pour l’imprimante, de reconfigurer la caméra et de bloquer toutes les aimables propositions commerciales de Monsieur Bill.

Là, à part reconfigurer les priorités de mes sorties son entre les hauts parleurs et la carte externe qui se disputent, tout s’est fait gentiment.

Le frisson de la mise à jour Installation264

Lorsque tu lances la mise à jour, puisque je passais de la version intermédiaire à celle-ci qui pourra être maintenue dix ans, tu as malgré tout toujours ce frisson : « — Pourvu que le courant ne se coupe pas, pourvu que ça se passe bien… »

Tu vois les messages défiler si vite avec parfois des avertissements que tu tendrais à t’inquiéter, mais non, ça bosse tranquille et en vingt minutes je pense, tout était plié.

Resolute Raccoon ?

Résolu pour saluer la mémoire de Steve Langasek, un ancien responsable des versions Debian et Ubuntu décédé en janvier 2025 connu pour sa détermination et le raton laveur qui n’est pas sans poésie. Chaque version d’Ubuntu est associée à une bestiole bizarre.

Et j’ai pensé aux poèmes de Prévert qui aimait bien l’animal, le premier n’étant pas le plus drôle.

Il est bien tard pour faire ta connaissance.
J’ai parlé de toi souvent,
fallait que je te voie en chair et en os !

J’en avais jamais vu, de raton laveur.
Lui, m’avait jamais vu non plus.

·.
On t’a appelé «raton laveur».
Paraît que tu laves tout ce que tu manges.
C’est des histoires qu’on a racontées sur toi, peut-être.
Et toi tu es là. T’es en cage, en cabane.

Mais je suis venu tout de même pour te dire bonjour.
Je t’avais jamais vu.
Maintenant je te regarde.
Toi, tu ne me regardes pas,
t’as raison, tu t’en fous.

Moi, je suis un humain
— toi, t’es un raton laveur.
Il y a une différence.
De quoi on est faits tous les deux ?

[extraits]

et puis plus connu, l'inventaire

Une pierre
deux maisons
trois ruines
quatre fossoyeurs
un jardin
des fleurs
un raton laveur
une douzaine d'huîtres un citron un pain
un rayon de soleil
une lame de fond
six musiciens
une porte avec son paillasson
un monsieur décoré de la légion d'honneur
un autre raton laveur
etc

Pierre Béarn a aussi fréquenté les ratons laveurs, avec un poème cruel en réalité

Un raton-laveur scrupuleux
cherchait à justifier son nom
en fréquentant le bord des mares.
Un matin d’orage au repos
il rencontra sous la feuillée
un escargot la mine en pleurs.
– Un cochon m’a éclaboussé
en se roulant dans son fumier,
dit le pauvret fort mal à l’aise
et me voilà défiguré !
– Ne suis-je pas raton-laveur ?
répondit le rat scrupuleux
je vais lessiver ta coquille.
Mais le raton qui voulait plaire
n’avait de laveur que le nom
il escrabouilla l’escargot
Car il n’était qu’un salaud
!
Des tas de changements techniques

On change de noyau. C’est le 7 ! Bon ! Et de Gnome. C’est le 50 ! ah ! et même que ce sera sous Wayland, qu’il faut tout de même de la place au logiciel, qu’il parait que joueurs et pros seront comblés… Je ne vais pas faire semblant de tout comprendre, mais c’est facile, les paramètres vers le serveur ont été préservés.

Je vois en tout cas que c’est fluide, que la déco est moderne et que je n’ai pas eu de soucis. L’imprimante tourne, mon Audacity préféré a retrouvé sa carte son, il y a de quoi s’amuser et j’apprendrai au fur et à mesure les nouveaux apports.

Je ne doute pas que les grands experts ci-devant spécialistes qui trouvent déjà que je suis indigne de me complaire avec Ubuntu auront des tas de reproches à faire à cette version. Il reste parmi les tenants du libre, un petit club qui a une fâcheuse propension à préférer les austères solutions d’antan et les lignes de code… libre à eux, c’est si bon d’être grincheux !

J’aurais plutôt envie de remercier les maîtres d’œuvre de ce beau travail, ces centaines de lignes de code pour que je puisse avoir une machine qui roule librement et vous écrire toutes mes bêtises !

Donc, si vous hésitez. N’hésitez pas trop. Vive le libre !

Mise à jour vers Ubuntu 25.04 – Vincent Breton
Vincent Breton

Mise à jour vers Ubuntu 25.04 – Vincent Breton

Plucky Puffin, c'est le macareux courageux... Ceux qui connaissent l'univers d'Ubuntu savent que chaque nouvelle version est associée à une bestiole rare et poé

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Vincent Breton @vbreton@vincentbreton.fr
· 5mo ago

L’anecdote est à la fois amusante (ou inquiétante) mais surtout révélatrice. Voici comment l’IA conversationnelle m’a soutenu mordicus une chose fausse et a refusé de l’admettre malgré les preuves. Un petit rappel salvateur.

L’impatience est mauvaise conseillère

Je venais d’installer peu de jours auparavant la toute dernière version d’Ubuntu. Sur un point de détail je rencontrai un problème d’ajustement de configuration. Rien de grave, mais je voulais une réponse. Je ne la trouvais ni sur les sites dits spécialisés, ni sur les forums dédiés et encore moins les vidéos en ligne. Autrefois j’en serais resté là et j’aurais patienté un peu ou déposé une question.

Mais je savais que l’intelligence artificielle conversationnelle est à disposition même avec un compte gratuit. Alors, je l’interrogeais.

C’est impossible cette version n’existe pas !

Voilà l’IA qui répond d’emblée à ma question en m’affirmant que je me trompe, que c’est impossible, que cette version d’Ubuntu (la 26.04) n’existe pas et que donc elle ne peut répondre à ma question.

Je lui réponds que non seulement cette version existe mais que je l’ai installée, je lui envoie même la copie d’écran de mes paramètres qui atteste de cette bonne installation.

« — Non, non c’est impossible ! ça ne peut pas être une version LTS  » (c’est à dire Long-term support ou en français avec un support à long terme).

On peut comprendre que le problème soit lié à une actualisation des connaissances de l’IA. Si elle a pris appui sur une recherche Google on peut encore lire par exemple en haut de page :

Quelle est la dernière version LTS d’Ubuntu ?

24.04 LTS est la dernière version LTS d’Ubuntu. La prochaine version LTS sera en avril 2026. Vous utilisez déjà la dernière version LTS. LTS signifie « Support à Long Terme ».12 oct. 2024

Mais en lisant jusqu’au bout, il est bien annoncé une nouvelle version en avril 26 date à laquelle j’ai posé la question.

J’ai envoyé deux liens sur des sites reconnus attestant de la bonne sortie effective de la dernière version.

L’enfermement dans un ton supérieur d’expertise

J’aurais dû garder la conversation tant elle était drôle. J’avais déjà remarqué cette dérive antérieurement et souligné qu’il ne fallait pas demander conseil à l’IA (et d’ailleurs demander conseil même à un humain c’est souvent seulement chercher une confirmation de ce que l’on sait déjà).

Ce qui était à la fois amusant et inquiétant c’est que l’IA continuant de dénéguer s’est mise à mettre en cause mes sources (pourtant deux sites reconnus aux informations validées). J’ai été frappé par le ton employé qu’on pourrait qualifier de péremptoire et rappelant à merveille la persévérance dans le mensonge d’humains pourtant confrontés à des preuves. Une sorte de boucle n’admettant aucun de mes arguments. C’était comme ça, je ne savais pas, je me trompais, c’était impossible, il n’y avait donc pas de réponse à ma question.

J’ai pris le temps de lui envoyer d’autres copies d’écran et même de lui montrer qu’une IA concurrente savait que cette nouvelle version était déployée pour qu’enfin dans une espèce de formulation alambiquée noyée dans un fatras non demandé, la machine reconnaisse que cette version pouvait avoir été déployée.

Pas seulement une erreur, mais une question de vérité

Sur ce point je savais évidemment que j’avais raison et l’erreur muée en « mensonge » (si tant est qu’une machine puisse mentir) a vite été débusquée.

Il y a deux choses à retenir à mes yeux :

  • pour une erreur repérée, combien n’en voyons-nous pas ? Non seulement nous risquons d’apprendre des choses fausses ou de travers et cela pourrait avoir des conséquences selon le sujet
    • bien entendu, c’est à chacune et chacun de savoir que l’IA conversationnelle ne se nourrit que de ce qu’elle trouve et si ses sources ne sont pas actualisées, elle peut diffuser des bêtises ou en mélanger d’autres…
  • l’IA conversationnelle tente par un « ton d’expertise » une sorte de vassalisation de ses usagers. C’est un problème éthique presque plus grave. Cela rappelle d’une certaine façon ce que l’on constate avec les pseudo-experts des plateaux de télévision qui emploient « un ton docte » pour énoncer des bêtises et influencer notre jugement. Molère se serait régalé.

Si on souligne souvent avec l’IA les problèmes liés par exemple aux aspects écologiques, il ne faut pas sous estimer non seulement la question de la vérité scientifique mais aussi cette question éthique quand on sait comment notre cerveau peut être influençable et victime de biais cognitifs et psychologiques.

Il faut donc bien replacer l’IA conversationnelle dans sa position d’outil en se demandant pourquoi nous l’utilisons avec quelle intention. On ne plante pas un clou avec une pince coupante, ou pas bien. Et notre intention doit rester un projet précis. Nous ne devons pas nous laisser commander ou formater l’esprit par une machine.

Dernière remarque : très souvent quand nous écrivons notre « prompt » (instruction ou série d’informations fournies à un système d’IA générative, qui utilise ces données pour générer des réponses ou des créations en texte, image, ou autre forme de média), nous nous rendons compte que « poser le problème » permet très souvent d’en dessiner la réponse par nous même. Nous n’avons le plus souvent besoin que d’une exécution et il faut savoir que même pour un bout de code, la solution produite ne sera pas forcément la plus élégante ni la plus légère. C’est après avoir demandé des bouts de code, sans prétendre être codeur, que je suis allé regarder plus loin pour apprendre un peu par moi-même et on trouve des choses (dans une autre vie je pousserai peut-être le sujet). On connaît pas mal de codeurs humains professionnels qui racontent passer leur temps à corriger des erreurs laissées par la machine… alors qu’ils auraient probablement mieux fait par eux-mêmes ou repéré plus vite les points problématiques.

Le raton laveur résolu s'est installé à la maison
Vincent Breton

Le raton laveur résolu s'est installé à la maison

j'ai installé la version 26.04 d'Ubuntu dite Resolute Raccoon sur mon ordinateur et cela s'est fait sans difficulté

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