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@GazouilleurFou@diaspodon.fr est ma première instance sur le Fediverse. Celle ci sur Bidule est consacrée à mon écriture.
Il sert occasionnellement de compte de secours quand mon compte sur Diaspodon (@GazouilleurFou@diaspodon.fr) est indispo.
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GazouilleurFou
PieR @GazouilleurFou@bidule.menf.in · Jan 14, 2026
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@GazouilleurFou@diaspodon.fr est ma première instance sur le Fediverse. Celle ci sur Bidule est consacrée à mon écriture. Il sert occasionnellement de compte de secours quand mon compte sur Diaspodon (@GazouilleurFou@diaspodon.fr) est indispo. #NoAltNoBoost.

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2/x “Dites-moi, Rina, qu'il a fait le bon docteur, c'est bien en septembre que je l'ai accouché ce garçon là, non ? C'est que, je me disais, cet été là, vous avez été malade, si je me souviens bien, non ? Ce déjeuner de moules au port, c'est bien la même année. Que vous avez eu la typhoïde, non ? J'ai pas voulu vous inquiéter sur le moment, vu que la grossesse était bien avancée, mais...” “ Oh docteur, qu'elle a coupé la mère, la face toute rougeoyante comme une Gorgone qui aurait des spaghettis à la place des serpents pour lui donner l'air plus outré, mais non, vous n'y pensez pas ! C'est que je suis fille de l'église, moi, et que ..” “ J'ai rien dit, qu'il a interrompu le bon docteur, justement j'ai pas dit ça. mais bon, je vais vous dire, c'est pas facile, et puis surtout il y a rien de sûr, vous m'entendez, il y a rien de sûr. Mais il se pourrait que cette fièvre là, justement, j'ai lu des choses, bien, il se pourrait, comment dire, bien, qu'il est pas tout à fait, enfin qu'il serait peut-être, hein, il y a rien de sûr, et bien qu'il pourrait ne pas être complètement, enfin totalement normal, quoi. Pas sûr du tout, je vous l'ai dit, mais je suis pas sûr.Il y en a des qui pensent que, et bien ce serait probable,euh possible, que la fièvre elle lui soit monté au cerveau, quoi.” Ah, on sait pas si la fièvre lui était monté au cerveau à l'enfant, ce qui est sûr c'est que la mère, elle, elle est montée sur ses grands chevaux, même qu'il y en avait toute une écurie de ces animaux là, bien campés sur leurs pattes, et que ça galopait ferme, à en faire frémir les spaghettis dans tous sens, comme une possédée. “Ah ça, on allait voir ce qu'on allait voir, non mais, mon enfant pas normal ” qu'elle a rugi, la mère, rugi tellement fort qu'on a vu la porte du salon, celle avec les petites vitres qu'elle s'acharnait à lustrer chaque semaine, s'entrouvrir et deux visages longs comme des jours sans pain s'y encadrer, comme s'ils cherchaient à entrevoir, entre les rugissements de la mère, quelle indécente idée avait pu lui souffler le docteur. La mère, ce fut alors comme un ouragan qui serait passé par l'entrée. Elle n'en respirait plus, et allait, baudruche écarlate exploser là, ici, entre le guéridon et les vases de fleurs. On ne s'entendait plus. Le docteur profita de l'ébahissement des deux autres pour ouvrir la porte et se sauver dans le crachin de cette soirée d'automne.
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GazouilleurFou
PieR @GazouilleurFou@bidule.menf.in · Jan 14, 2026
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ENFANCES

I – Le monstre -

Dès le départ, l'affaire était mal engagée. Ça sautait aux yeux, encore qu'il aurait fallu que quelqu'un regarde. Il est arrivé comme ça, un peu par hasard, sans qu'on s'y attende, c'est sûr. On me l'a raconté. À partir de là, plus rien ou presque. Il mangeait, il dormait, il mangeait, ainsi de suite.
Sûr, on aurait dû se méfier. Ça sentait pas bon. On pouvait pas continuer trop longtemps à faire comme si c'était normal, que tous ils faisaient ça.
La mère a fini par se dire – c'était son deuxième – qu'il y avait bien un truc qui clochait. Manger. Dormir. Manger. Dormir. Pas de gazouillis. Pas de pleurs. Pas de cris, pas de rires, pas de tentatives confuses de babillages habituels de ces petites choses qui attendrissent tant les gens, comme si à chaque fois c'était nouveau, différent, unique. Rien de tout ça. Rien pour faire s'extasier les rombières, rien pour pâmer les dames patronnesses avachies qui visitaient la maison. Ça la fichait mal. Déjà qu'on l'attendait pas, si en plus ça se passait comme ça, ça ne pourrait pas continuer longtemps. Il fallait réagir. Il y avait 16 ou 18 mois qu'il était là, à manger, dormir, manger, je ne vous le répète pas, vous l'avez lu. Il fallait faire quelque chose. Un peu, pas trop, mais bon, il allait pas continuer à passer son temps à, enfin, vous l'avez lu (On m'a dit qu'il fallait éviter les répétitions ça lasse le lecteur). D'accord, mais, bon , c'est que la monotonie des alternances répétitives, sommeil, repas, sommeil, repas, vous pensez bien que la mère, elle, ça la lassait un peu. Quoi faire d'autre ?
On appela le docteur. celui qui l'avait mis au monde justement. Même que ça s'était fait ici, à la grande maison, celle bien chic et sous tous rapports où la mère était bonne depuis Benito, et payée pas cher, en attendant de toucher le magot (bon ça je vous l'ai pas dit, là, normalement j'étais pas censé).
Bon, on fit venir le bon docteur. Il arriva, regarda, palpa, tripota, vérifia que tout était bien en place, huma, et décréta qu'il fallait sortir l'enfant du lit cage et l'envoyer se frotter aux autres de son âge. Il allait sur ses trois ans. Marchait à peine. Disait pas un mot, ne jouait à rien, comme s'il se foutait du monde dans toute son étendue, largeur et profondeur. Dormir, manger, je ne vous la refais pas. Pas tout de suite.
L'histoire dans la grande maison, c'est qu'il y avait l’aîné, d'un an et demi de plus, vif, bavard, curieux, bref l'enfant qu'il fallait pour faire pâmer les rombières et mères poules qui fréquentaient, entre cimetières et bénitiers, la grande maison. En dehors de ces vieilles choses fripées à chapeaux à fleurs et voilettes, noires les fleurs et les voilettes, pas de famille, je vous expliquerai ça, pas de jeunes parents, pas d'autres enfants. Comment allait-on faire. La mère seule se demandait. Le père, qui se tapait la secrétaire chez Simca depuis que la mère était grosse, il s'en battait un peu le coquillard. La vieille, fille de crêpière qui se prenait pour une duchesse, fallait même pas lui en parler, ce gamin-là, elle le voyait même pas. D'autant moins que comme il ne faisait que, vous savez quoi, il était là contre sa volonté. Fallait pas lui en parler. Si elle avait été franche, elle aurait dit que, tant qu'à ne faire que vous savez quoi, on pouvait le mettre au chenil avec les chiens, même ceux qui étaient morts, ça leur ferait de la compagnie, ou à bouffer, c'était selon.

La mère était bien emmerdée. Vu que le docteur était dans l'escalier, elle lui demanda bien vite s'il avait pas une idée de où ce qu'on pouvait le mettre cet enfant, pour qu'il arrête de juste vous savez quoi. Manger, dormir, manger. Je le redirai plus. Alors, entre la grosse boule de pierre bien polie, en bas de la rampe bien cirée, sur le parquet marqueté, juste avant le seuil, avec déjà la main sur la poignée de la porte, il lui souffla une adresse où on pouvait faire garder les enfants l'après-midi, pour qu'ils jouent ensemble, s'apprennent mutuellement des tas de saloperies pour emmerder les parents, se mouchent dans les cheveux des voisins, enfin un tas de belles cochonneries dans ce goût-là, bien enfantin, bien normal, et bien dégueulasse, que tous les parents en étaient ravis, et la confiture à quatre heures. “Socialiser” qu'il faut, qu'il disait, il fallait le socialiser.Qu'il aille se frotter aux autres mômes, ça allait le réveiller, le sortir un peu, pour qu'il arrête un peu de vous savez quoi.
Il avait l'air inquiet, le bon docteur, en même temps. Bien un peu inquiet. Alors il a lâché la poignée de la porte, il s'est retourné et il a commencé à parler. Il avait pas besoin de parler bas, vu qu'il y avait que la mère. Les autres ils étaient déjà au salon à minauder, et à jouer avec la petite poupée, qui, lui, faisait bien autre chose que vous savez quoi.
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GazouilleurFou
PieR @GazouilleurFou@bidule.menf.in · Nov 11, 2021
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Un ciel noir et troublé annonça la venue de la tempête.D'abord une pluie battante,puis bientôt de la grêle,frappèrent les façades et les pavés des rues,comme si, des nuées, s'échappaient des pans entiers du ciel.(Quel hasard,à cette heure oû j'écris,à nouveau me
parviennent de sourds roulements annonciateurs d'un autre orage à venir...)
Cette grêle roula longtemps la colère du ciel que déchiraient des éclairs splendides ,de blanc,de
bleu,de violet.Les claquements de la foudre s'achevaient en longs sifflements,comme d'un
fouet gigantesque qu'aurait agité je ne sais quelle main colérique et cruelle. Nous restions aux fenêtres à écouter les roulements de tonnerre,les claquements des grêlons aux toits,les longues cascades de la pluie,yeux grands ouverts sur le ciel déchiré, tumultueux, enragé.L'orage battait la ville,nettoyant rues et trottoirs des immondices des hommes qui,eux, se terraient aux maisons secouées par le tonnerre.Dès le début de l'orage les oiseaux affolés par la grêle,la foudre,les éclairs tonnants,s'étaient enfuis à tire d'aile,pour chercher refuge dieu sait oû. Et leur vol, long et rapide, sinueux aussi, comme évitant la grêle,était de panique animale.L'affiche à demi décollée, sur le mur d'en face,battait au vent, en longues
gifles, la façade déjà délavée par la pluie, comme prête à s'arracher et à suivre les volatiles apeurés. Les rues désertées laissaient les ondées s'achever en elles, en longs
et mugissants torrents,à l’égout débordantes, en gros bouillons, maelströms dévastateurs
des peuples d'insectes ignorés, fourmis, blattes, arachnides noyées par ce déluge
inévitable.

A l'éveil, tôt,déjà le soleil. En longue caresse Éveille les volets Aux façades accrochées De lentes raies Lumineuses En face au toit de tuiles D'un rouge inégal S'accroche le pigeon Quand criants dans le ciel Les martinets heureux Se poursuivent oublieux des sommeils L'homme dort encore

Dehors chaleur écrasante.Le bruit du ventilateur, en sourds vrombissements, lance son
tumulte d'air dans la pièce au volet clos.Écrasé à la machine innommable, je tente
d'inscrire cette minute de chaleur intense dans la cristalline mémoire,pour la ressortir toute chaude et vibrante au plus froid de l'hiver prochain.Le toit de tuiles est fiévreux et s'incline dans un tournoiement d'air chaud aux rayons du soleil.La chaleur est ocre.
Quelques morceaux de zinc,pliés par les vents, achèvent dans une brûlure de se tordre à l'abaissement des murs. Des gouttières sèches, aucune moisson liquide ne coulera avant le prochain orage. Ces longs bras sont ardents des eaux ,et courbés dès l'aurore,se tendent sans fin vers le ciel.
Dans les rues,c'est un défilé de silence,à l'ombre maigre, dans l'étendue blanche .

Comme d'une lame jaillie du soleil,un homme passe là-bas,ombre furtive,écrasée et hâtive.
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GazouilleurFou
PieR @GazouilleurFou@bidule.menf.in · Oct 17, 2021
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"Un Chant d'Amour" le seul film réalisé par l’écrivain Jean Genet, en accès libre sur OpenCulture/com

Watch Jean Genet’s Only Film, the Censored A Song of Love (1950)

https://www.openculture.com/2013/12/jean-genets-a-song-of-love.html
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GazouilleurFou
PieR @GazouilleurFou@bidule.menf.in · Oct 16, 2021
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Enfant, j'adorai me lever avant tous,la maisonnée encore assoupie,et pouvoir sortir,ne fût ce que sur le pas de la porte.Là,assis au banc ou la culotte au gravier,je respirais ce qui était alors la liberté,pleine d'odeurs de terre mouillée et de plantes riches de saveurs à la rosée.C'était aussi l'heure des rencontres les plus intéressantes que l'on puisse faire:le livreur de journaux,sur sa bicyclette noueuse,le laitier (nous étions souvent alors à La Baule),ou mieux encore,quelque voisin invisible d'ordinaire,et qui,matinal,partait avant notre commun éveil,avec sa fillette dont la jupe ou le teint marquait ma journée...
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