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@magcbertrand@social.sciences.re

Post #1769111

2026-04-09 12:57 UTC

Mini-chronique de feuilletage en librairie de Schmattès (Fringues, en yiddish), de Guillaume Erner, que je ne lirai pas. Une recension d'ouvrage de Jean-Michel Apeupré©️ (une interview de promo vous en apprendra plus que moi) https://editions.flammarion.com/schmattes-fringues-en-yiddish/9782080148902 En 7 chapitres pour environ 280 pages, épilogue et remerciements compris, l'auteur raconte son expérience professionnelle dans le secteur du textile/de l'habillement. Des שמאטעס quoi. A priori, ça se lit bien: style accessible, texte aéré, dialogues fréquents. Les mots étrangers (yiddish et anglais) sont expliqués d'après ce que j'ai vu, donc même si ça me semble s'adresser à qui s'intéresse à Erner même, au quartier parisien du Sentier, aux fringues ou à la liquidation judiciaire, on peut y aller sans rien connaître de tout ça. Pour le contenu que j'ai parcouru, il s'agit vraiment d'une tranche de vie professionnelle avec l'expérience d'une faillite d'entreprise, donc l'élément yiddish/vie ashkénaze parisienne n'y est pas central, mais il en est fréquemment question. Sa description d'un intérieur familial m'a effectivement fait penser à ces foyers d'Ashkénazes qu'on m'ouvre pour mes entretiens. Vu de loin, ça a l'air intéressant si on aime la mode/les mondes professionnels. Côté langagier/yiddish, je retiens par exemple "l'Ashkénazie" comme espace culturel/ethnique (je n'ai pas repéré de mention de "Yiddishland") et que les commerçants/contacts/(grossistes?) en dehors de Paris perdaient leurs noms de famille et qu'on les appelait "Paul Nancy", "Samuel Meaux" dans le milieu (je reconstitue les noms de mémoire). Comme beaucoup de personnes, il utilise la figure du dibbouk, mais plutôt pour parler d'objets, alors que dans ce que je lis/entend, il s'agit généralement plutôt véritablement d'un esprit qui s'empare de quelqu'un. Au hasard: on me dit que le yiddish est comme un dibbouk qui s'est emparé d'une personne et qu'elle l'apprend, écoute des chansons, devient un peu obsessionnelle si j'exagère un peu. Si on lit ce Schmattès et qu'on aime faire dialoguer ses lectures, on peut lointainement y associer Mikado d'enfance, de Gilles Rozier (lointain). #MastoLivre #Erner

Replies (3)

  • (développement pas très intéressant et sans point de chute/d'arrivée clair) Ce que j'ai omis dans mon récit, c'est le moment où j'ai cherché le livre dans la librairie. J'ai regardé les tables, les essais et j'ai fini par demander à une dame à gilet. Elle m'a amenée vers le petit rayon judaïsme, à côté des autres religions et tout en me conduisant, elle dit que ça a été rangé là mais que ça doit aller ailleurs. Elle me met un exemplaire en main et prend les 2 ou 3 autres (je ne la suis pas, je ne sais pas où elle va). Et sur le moment ça m'amuse un peu et me rappelle ma propre publication, étiquetée judaïsme plutôt que sociolinguistique, promue auprès d'acteurs juifs plutôt que de radios en langues locales. Alors que clairement, dans mon expérience, les acteurs culturels juifs savent vraiment pas grand chose sur le yiddish. Et de manière générale, peu de gens non initiés se doutent de ce qu'est un cours d'été de yiddish. Ce bouquin aurait mieux rempli son objectif sur Radio Lengadoc ou des radios Campus, vu qu'il reprend un mémoire de Master et qu'il s'agit beaucoup de méthodologie aussi. Je me suis vraiment demandée où était le judaïsme dans Schmattès. Certes, y a "yiddish" sur la couverture, mais il faut faire un parallèle très naïf je crois, pour se rendre compte: est-ce qu'on met les ouvrages qui parlent de Russie/russe au rayon orthodoxe? Schmattès c'est quand même plutôt au rayon business ou justice qu'il trouve des ouvrages qui lui ressemblent, ou alors récits de vie, si ça existe. Juif/judéité c'est pas juif/judaïsme et on ne met pas Singer en judaïsme, pourtant ça en parle (plus que Erner, qui ne parle pas du tribunal rabbinique de son père!). Bon j'imagine que des gens dont c'est le métier auraient quelque chose de plus malin à en dire que moi.

    Open ##1835607

  • @pizza_roquette@piaille.fr 2026-04-09 13:01

    @magcbertrand Merciiiii 🥰

    Open ##1835608

  • @Nozika@mastodon.art 2026-04-09 15:24

    @magcbertrand Personnellement, ce qui m'agace dans le peu que j'ai lu de Guillaume Erner, c'est qu'il a une vision du yiddish assez décliniste et passéiste, il en parle comme si c'était une langue morte. Après, peut-être aussi que c'est moi qui n'ai pas lu des passages assez large, ou qui ai une vision trop positive de la situation du yiddish à cause de mon enthousiasme...

    Open ##1835611