Si je dois mourir Si je dois mourir il faut que toi tu vives pour raconter mon histoire vendre mes affaires afin d’acheter du fil et une pièce de tissu (choisis-la blanche avec de longues franges) pour qu’un enfant, quelque part à Gaza puisse apercevoir un cerf-volant alors qu’il scrute le ciel en attendant son père qui s’en est allé brusquement sans que personne fasse ses adieux ni à son corps ni à son âme Pour que cet enfant aperçoive dans les hauteurs le cerf-volant mon cerf-volant que tu auras toi-même fabriqué et qu’il s’imagine, l’espace d’un instant qu’il y a là-haut un ange qui s’en vient pour rapporter l’amour Si je dois mourir que ma mort soit porteuse d’espoir et qu’elle devienne une histoire ! (Rifaat al-Aareer) Recueil: Anthologie de la poésie gazaouie d’aujourd’hui Traduction: de l’arabe (Palestine) par Abdellatif Laâbi Editions: POINTS