Elektrine lite

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@Jeanneadebats@eldritch.cafe

Post #3736950

2026-07-10 17:53 UTC

Petite crise de « négo » (c'est comme un égo, mais en anti-matière, ) d'écrivaine. Bon, posons les choses : personne, mais absolument personne n'aime une mauvaise critique. Il est généralement attendu de l'écrivaillon visé qu'il se drape dans une indifférence de façade, au moins. L’auteurice doit planer, albatros indifférent au-dessus de la mer des outrages, pour se poser comme une merde sur le roc anguleux, loin des regards, en chialant sa race s’iel veut, mais sans montrer une larme à personne. Ce que j'ai toujours trouvé un peu pas chié. On vient vomir sur ton bébé, t'as le droit le plus strict de le prendre mal, voire hyper mal. Bon, t'es pas obligé de provoquer le gars en duel ou de l'agonir d'injures. Je sais, c'est lui qui a commencé, mais tu vois ? CQFD. Bref, ce disclaimer étant posé (bien que j'ignore ce que je disclaime au juste. Peut-être que je vous préviens seulement que je vais me montrer aussi aigre qu'acariâtre et surtout impolie. La façade dans son cul et mes gonades en kilt sur son nez.) Donc je suis tombée sur une critique de La Vieille Anglaise. Même après vingt ans, j'aime beaucoup ce texte et, même si j'ai l'impression que ce n'est plus moi qui l'ai écrit, je lui garde une reconnaissance éperdue : il m'a ouvert toutes les portes dont j'avais besoin. Ça a commencé très mal . Le couple se passait la parole avec un manque de naturel confondant. Ils ont commencé par écorcher mon nom (bon, ça quasiment tout le monde*, ça arrive même à mon propre éditeur de temps en temps, et pourtant ça fait 20 ans qu’on se connait), puis, dans la foulée, ont tenté de dire le nom de ma ville de naissance. Ratage total, qu'ils ont conclu par un subtil : « Oui les gens, c'est bien en France. » À deux doigts de faire des blagues sur mon âge avancé. Je vous laisse juges : Vic-Fezensac, OK, y’a plus de trois syllabes mais c’est quand même pas Niederschaeffolsheim (tout aussi français, mais alsacien). Ensuite, le gars s'est étalé sur mon écriture, magnifique, mais qui était un défaut en fait, parce que, voyez-vous, les novellas et les recueils de nouvelles, c'est pour les jeunes. Et là, d’après le mec, il faut avoir seize ans au moins pour tout comprendre. Et les jeunes, ben ce sont des niais, le beau style, c’est pas pour eux. (Insérer ici toute une génération de jeunes qui s’est pâmée devant Tolkien* avalant son coca fraise de travers ). Qu'est-ce que t'as pas compris, Totor, à la notion de roman court ? (Duras, ça te parle ? Vercors, Giono ? Gide* (bis) & ** ? Nan ? Iels écrivaient pour les chats de moins de 16 ans, peut-être ?).

Replies (1)

  • @Jeanneadebats@eldritch.cafe 2026-07-10 17:54

    Mais le meilleur, c'est quand le gars, d'une grosse voix bien pompeuse, se lance dans une série de thèses hardies. Il se met même à affirmer : « Il y a UNE règle en littérature... » Alors déjà, quand quelqu'un commence une phrase par « il y a une règle en littérature », j'ai toujours envie de regarder derrière moi pour voir si Aristote, Flaubert, Proust, Joyce, Borges, Le Guin Woolf **et quelques autres ne sont pas en train de tenter de piquer le coca fraise des jeunots pour s’étrangler avec... Le voilà donc qui prétend savoir ce que je voulais faire, décrète que je me suis viandée, affirme que le background ne sert à rien... Qu'on soit bien clair : qu'un critique dise « je me suis ennuyé », « je trouve que ce background ne fonctionne pas », « cette écriture n'est pas pour moi », aucun problème. C'est son boulot, c'est le jeu. Mais affirmer savoir ce que je voulais faire... non. À moins d'avoir un abonnement premium à mon inconscient, il n'en sait strictement rien. Et même si je l'avais expliqué noir sur blanc, la littérature est remplie de livres qui dépassent largement les intentions de leurs auteurs. Et alors ce « le background ne sert à rien »... Quand bien même, NON. LA (putrin de ) règle en littérature, ce n'est certainement pas que rien ne doit être inutile. Ça, c'est une obsession de certains manuels de scénario, où chaque scène doit pousser l'intrigue comme un wagon pousse le suivant. La littérature, elle, peut prendre son temps, une description peut exister pour installer une atmosphère, un détour pour donner de l'épaisseur à un personnage, un morceau de background simplement pour donner au monde une profondeur que le lecteur ne remarquera peut-être pas consciemment, mais qu'il ressentira. Il y a des pages qui ne servent pas à faire avancer l'histoire, elles servent à faire exister le livre et ses personnages. Pour le reste, j’ai pas eu le courage d’écouter le machin jusqu’au bout, même mon masochisme rencontre ses limites parfois. Bref. Je sais bien qu'on me dira : « Quand on publie, on accepte la critique. » Évidemment. (Genre, on est bien obligé, hein ? ) Mais accepter la critique ne signifie pas être condamné à trouver intelligentes toutes celles qu'on reçoit. J'assume donc parfaitement mon droit fondamental d'autrice à penser que certains critiques racontent parfois des conneries absolument galactiques avec un aplomb qui force presque l'admiration. Et je vous emmerde. * OK, je suis aucun des quatre, et je prétends pas mais shit. ** OK, je suis aucun des six non plus.

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