Post #3736950
2026-07-10 17:53 UTC
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@Jeanneadebats@eldritch.cafe 2026-07-10 17:54
Mais le meilleur, c'est quand le gars, d'une grosse voix bien pompeuse, se lance dans une série de thèses hardies. Il se met même à affirmer : « Il y a UNE règle en littérature... » Alors déjà, quand quelqu'un commence une phrase par « il y a une règle en littérature », j'ai toujours envie de regarder derrière moi pour voir si Aristote, Flaubert, Proust, Joyce, Borges, Le Guin Woolf **et quelques autres ne sont pas en train de tenter de piquer le coca fraise des jeunots pour s’étrangler avec... Le voilà donc qui prétend savoir ce que je voulais faire, décrète que je me suis viandée, affirme que le background ne sert à rien... Qu'on soit bien clair : qu'un critique dise « je me suis ennuyé », « je trouve que ce background ne fonctionne pas », « cette écriture n'est pas pour moi », aucun problème. C'est son boulot, c'est le jeu. Mais affirmer savoir ce que je voulais faire... non. À moins d'avoir un abonnement premium à mon inconscient, il n'en sait strictement rien. Et même si je l'avais expliqué noir sur blanc, la littérature est remplie de livres qui dépassent largement les intentions de leurs auteurs. Et alors ce « le background ne sert à rien »... Quand bien même, NON. LA (putrin de ) règle en littérature, ce n'est certainement pas que rien ne doit être inutile. Ça, c'est une obsession de certains manuels de scénario, où chaque scène doit pousser l'intrigue comme un wagon pousse le suivant. La littérature, elle, peut prendre son temps, une description peut exister pour installer une atmosphère, un détour pour donner de l'épaisseur à un personnage, un morceau de background simplement pour donner au monde une profondeur que le lecteur ne remarquera peut-être pas consciemment, mais qu'il ressentira. Il y a des pages qui ne servent pas à faire avancer l'histoire, elles servent à faire exister le livre et ses personnages. Pour le reste, j’ai pas eu le courage d’écouter le machin jusqu’au bout, même mon masochisme rencontre ses limites parfois. Bref. Je sais bien qu'on me dira : « Quand on publie, on accepte la critique. » Évidemment. (Genre, on est bien obligé, hein ? ) Mais accepter la critique ne signifie pas être condamné à trouver intelligentes toutes celles qu'on reçoit. J'assume donc parfaitement mon droit fondamental d'autrice à penser que certains critiques racontent parfois des conneries absolument galactiques avec un aplomb qui force presque l'admiration. Et je vous emmerde. * OK, je suis aucun des quatre, et je prétends pas mais shit. ** OK, je suis aucun des six non plus.