Elektrine lite

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@bfluzin@tldr.nettime.org

Post #2805817

2026-05-13 10:48 UTC

@julienfalgas@piaille.fr @louisderrac@framapiaf.org La comparaison avec le nucléaire est juste et à mon sens ne relève pas que du lien nécessaire ou non entre usage & compréhension, ou usage & critique, mais surtout de ce que j'ai commencé à énoncer (sans avoir le temps de développer) comme relevant de "technologies de gouvernance". L'idée est que certaines technologies ne sont pas déployées pour / uniquement pour ce qu'elles permettent par leurs usages, mais pour ce qu'elles autorisent et justifient dans la réorganisation du monde / des sociétés / des modes de gouvernance. On le voit avec l'IA et l'impact qu'elle a sur : la captation d'une partie de la production hardware, la course à l'implantation / relocalisation des datacenters / l'impact sur le mode de production énergétique (et les prises de décision politiques qui vont avec : développement des mini-centrales) / les plans de licenciement (dont la responsabilité, dans les discours, échoue à l'IA et non aux directions RH et autres boards bien humains). Idem sur le renouvellement du discours géopolitique bien connu "si on ne le fait pas nous, les chinois / les russes le feront". L'utilisation de l'IA sur certains domaines (la justice, la lutte contre la fraude, la médecine) va aussi engendrer tout un déplacement de la "reponsabilité" des humains qui composent les institutions, et généraliser le fait de devoir faire des recours contre des décisions qui auront été automatisées (on a de bons exemples des désastres que ça peut engendrer avec le scandale du post office aux UK ou bien des aides sociales au Danemark). Enfin, Louis, je pense vraiment que tu aurais pu bricoler ta toile du numérique acceptable sans IA (à l'aide d'un simple tableur ? =)).

Replies (2)

  • @bfluzin@tldr.nettime.org 2026-05-13 10:57

    @julienfalgas@piaille.fr @louisderrac@framapiaf.org Les "technologies de gouvernance" se nichent dans les questions 5 et 6 des 7 questions de Neil Postman (https://www.youtube.com/watch?v=hlrv7DIHllE) : What changes in language are being promoted?What shifts in economic and political power are likely to result? On le voit bien avec l'IA. Et c'est là que la façon dont on produit du discours a une importance (et donc nous, qui contribuons à en produire fût-ce par la critique, une responsabilité). L'IA (contrairement à la blockchain, au metaverse ou autres trucs BS qui ont précédé) réussit à produire un discours quasi uniforme réparti entre acteurs médiatiques, politiques et économiques, et donc on peut tout faire au nom de l'IA (qu'elle fonctionne ou non, peu importe !). Pour grossir le trait, et toujours d'après moi, si on inventait une antenne à éloigner le croque-mitaine et qu'on réussissait à produire un discours assez fort sur la nécessité de cette antenne, quand bien même elle ne fonctionnerait pas et le croque-mitaine n'existerait pas plus, on pourrait au nom de l'antenne, faire accepter des changements radicaux sur l'organisation sociale et la façon de gouverner.

    Open ##2805818

  • @julienfalgas@piaille.fr 2026-05-13 12:36

    @bfluzin@tldr.nettime.org @louisderrac@framapiaf.org Je t'encourage à lire "Le numérique-monde" de Pascal Robert (2025, chez Fyp) : il expose ce que tu évoques de manière très didactique et fondée sur une analyse historique et géopolitique des TIC. Cerise sur le gâteau, la troisième partie décline l'outillage critique pour déciller les yeux. Il y a notamment la démonstration que les TIC (dès le télégraphe) sont des moyens de projection de puissance avant tout. Projection face à laquelle l'Europe brille pas son impuissance - elle qui ne propose que de réguler pour rassurer les consommateurs et accompagner les usages.

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