Elektrine lite

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@hannaeko@gts.lutaines.eu

Post #2805100

2026-05-17 09:14 UTC

@irrlicht@social.lithio.fr @le_technicien@eldritch.cafe non, c'est pas facile de se faire à manger. C'est difficile, ça prend du temps, de l'énergie et de l'argent Je repense malgré moi à quand tu me disais que ce que j'avais fait à manger avait eu l'air facile à faire / rapide. La réalité c'est que je passe beaucoup, beaucoup de temps et d'énergie à gérer la bouffe, parce que c'est un des rares trucs que j'arrive encore à faire de manière régulière, parce que c'est un de mes intérêts et parce que c'est du soin pour les personnes qui me sont chères. Mais je suis constamment en train de planifier les prochains repas, à penser aux stocks pour décider de quand faire les courses et quoi acheter en prévision des repas, à réfléchir dans quel ordre je fais les choses que je m'y met, et l'heure à laquelle je dois commencer pour pas manger trop tard. C'est plusieurs heures de boulot par jour, tous les jours, même quand je suis en train de “rien” faire. Et ça m'amène sur un truc qui me frustre et que j'essaie de combattre en moi, c'est que même à mes yeux c'est pas une activité  / un travail que je valorise au même niveau que d'autres. Je pense que ce qui me frustre c'est que c'est un travail éphémère, au final il ne reste rien de ce que je crée, au mieux l'ombre d'un souvenir. Je n'ai pas d'article, d'écrit, de dessin, de chanson, de logiciel, de peluche en crochet, que je peux garder, partager, montrer ou offrir et qui fera se rappeler de moi, ou de ce moment dans le temps. Il ne reste rien de matériel d'un repas, peut être juste un souvenir vague d'un repas banal quotidien d'avoir manger quelque chose sans se rappeler de quoi. J'ai déjà mis du temps à accepter que c'était réel travail et un vrai intérêt qui allait au delà de la tache de devoir manger, et maintenant je suis un peu confrontée à ces questions sur la matérialité et la pérennité de la création.

Replies (1)

  • @irrlicht@social.lithio.fr 2026-05-17 14:36

    @hannaeko@gts.lutaines.eu Je pense que je comprends assez bien. Je fais le rapprochement avec mon propre rapport à "ce qui reste". J'ai l'impression d'avoir rien fait de ma viie, surtout comparé "aux autres". La vérité, c'est que j'ai fait quantité de choses, mais il n'en reste rien. Du sport il ne reste pas les muscles et les savoirs faire, des sports de combat il ne reste pas une capacité à se défendre, des bricolages il ne reste rien… bref, des choses faites pas assez longtemps pour qu'il "reste quelque chose". Et ainsi, j'ai l'impression de comprendre ta difficulté. Pour ma part, je n'arrive pas à faire ce truc de repas parce que, même si j'aimerai mieux manger : j'ai pas envie. J'ai tellement de choses sur lesquelles j'aimerai avancer que je considère plusse urgente, que j'ai pas envie de prendre des heures pour m'occuper de la bouffe (sauf peut-être le vendredi 😉). De la bouffe que les gens font, de mon point vu très perso, il reste quelque chose d'important : moi. Il reste moi qui a mangé, correctement, un repas fait avec attention et qualité, équilibré. Il y a mon corps qui va marcher un peu mieux parce qu'il a eu plein de nutriment, une nourriture satisfaisante. Et de tout ça, résulte que je peux avancer, faire du militantisme et construire des choses. Il y a dans tout chose que j'accomplie, un peu des gens qui ont fait pousser les plantes, récolté et enfin cuisiné. c'est très symbolique, mais c'est une symbolique vraiment sincère. J'ai vécu 2 ans en bouffant n'importe comment. Parce que y'avait toujours une réu, le taf, une manif,… quelque chose. Et ça m'a appris a comprendre l'importance d'un repas fait en prenant le temps. Vraiment, pour être de l'autre côté du spectre sur "faire à manger", je promets c'est pas rien, du tout, il reste pas rien. Nourrir les gens important au-dela de ce que je suis capbale d'exprimer. Y'a une dimension à mon sens spirituelle indéniable et vraiment, purin d'importante @le_technicien@eldritch.cafe

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