← Feed
@LisaBanana@eldritch.cafe
Post #2747168
2026-04-10 19:41 UTC
Becky Chambers, Libration
A la fin de l’Espace d’un An, premier tome des voyageurs, Lovelace (pour une raison que je ne révèlerai pas ici) quitte le Voyageur dans un kit corporel, en compagnie de Poivre, une humaine, amie de Jenks, rencontrée lors d'une escale.
Elles quittent ensemble le Voyageur en direction de Port Coriol, une petite planète hétéroclite où co-habitent de nombreuses espèces d’intel galactiques.
Or, les lois de l’UG interdisent formellement aux IA d’exister dans des enveloppes qui pourraient laisser penser qu’elles sont des intell biologiques. Lovelace va donc devoir apprendre à vivre en toute illégalité une existence normale dans un kit corporel qu’elle n’a pas choisi et va devoir apprendre a apprivoiser. Elle adopte l’identité de Sidra et apprend les conventions sociales multi-espèce, découvre le sens de l’amitiée et la joie que l’on peut avoir a être là pour les autres et avec eux.
En parallèle, on découvre l’histoire de Poivre avant Poivre, c’est à dire l’histoire de Jane 23. Une humaine génétiquement modifiée, conçue en série pour être esclave dans une usine de recyclage de tech sur une planète hétérodoxe (hors UG) colonisée par les Améliorés, des transhumanistes qui ont ravagé leur lieu d’existence (une deuxième fois).
Jane 23 s’échappe un jour de l’usine ou elle est asservie et devient Jane au contact de Chouette, l’IA d’une navette spatiale. Elle se découvre alors le droit a une identité propre et a être, simplement Jane, une petite fille de 10 ans, douée pour réparer des trucs. Pendant presque 10 ans, elle va écumer la décharge dans laquelle Chouette et elle ont échouées pour réparer la navette et s’enfuir ensemble.
J’ai adoré cette lecture qui pose avec beaucoup de finesse la question de notre rapport aux outils, surtout si l’on dote ces outils d’intelligence et (peut être malgré leurs créateurs) de conscience. Car Jane, autant que Lovelace ou Chouette sont des outils, mais chacune dotée de sensibilité, de désirs, d’accès a la connaissance et à la capacité d’apprendre et de comprendre les contraintes de leur environnement pour atteindre un but quelles se sont elles même fixé, parfois avec pour seul moteur le fait d’y croire sincèrement.
On est bien loin des élucubrations des techbros d’aujourd’hui sur l’IA générative qui serait l’orée de l’IA Générale, capable d’exister consciemment et indépendamment des humains. D'ailleurs, Becky Chambers prend bien soin d’évacuer la question technique derrière la technologie pour se concentrer sur la quête d’émancipation de Jane et Lovelace dans un monde qui n’est pas pensé pour elles. Bref, mon avis pourrait se résumer ainsi : C'est un petit bijou ce bouquin.
J’ai bien l’intention de lire la suite du cycle, mais je m’autorise une petite pause (quasi) non-fiction pour changer un peu d’air.
3/6
#vendrediLecture
Replies (2)
-
Marly Ou la neige en été, Emmanuel Lantam
Côté BD, je suis tombée sous le charme pastoral et magique de cet ouvrage et de son thème un peu loufoque : la naissance (prématurée) d’un train et sa croissance pour accomplir son destin : parcourir la convoitée Ligne Nord en temps et en heure.
Ainsi est née Marly, dans un monde où les bergères sont littéralement avachies où les arbres font des farces lourdingues de vieux râleurs et où les fées maraines font de leur mieux pour maintenir un semblant de cohérences dans le paysage dont elles ont la charge. Sa naissance même annonce la couleur, partout ou Marly passe le chaos la succède et elle donne bien de la peine à ses protecteurs pour la suivre. Mais voilà, Marly est vraiment trop choupi, personne ne résiste à son charme, ni même à sa curiosité malgré son tempérament. Elle rêve d’autres horizons, d’amitiés et de paysages hors des rails et va entraîner tout son monde à sa suite.
Graphiquement, c’est super beau, scénaristiquement, c’est un peu déconcertant mais pas trop mal fichu. C’est un livre qui parle avec beaucoup de poésie de la différence, de courage et de détermination, mais aussi de la peur et du danger. On me l’avait recommandé pour un public jeunesse, je dirai que c’est ok à partir de 6-7 ans, pas trop avant car il y a des passages un peu sombre, voire effrayants. J’attendrai donc un peu pour le faire découvrir à mes petites créatures.
4/6
#vendrediLecture
Open ##2747169
-
@LisaBanana@eldritch.cafe
Par rapport à la duologie Monk & Robot tu trouves ça mieux ou moins bien? Et deuxième question, dans le même esprit solarpunk ou rien à voir?
Open ##2747179