Elektrine lite

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@irrlicht@social.lithio.fr

Post #2733815

2026-04-13 08:36 UTC

@oblio@piaille.fr Le rapport au savoir théorique il est super difficile. Et le sujet de "faire" et d'un certains rapport au productivisme, c'est un truc qui me pose pas mal de soucis aussi. Pour mon contexte perso : j'ai grandi surtout en bon élève. Apprendre c'était facile, surtout le par cœur. Articuler ce que je sais, c'est plusse difficile en fonction du type de réflexion demandé. Genre faire des associations d'idées, connecter des concepts comme des engrenages, ça c'est vraiment ma came. Mais réfléchir différemment sur de la résolution de problème, c'est difficile. Pi je suis fainéant. J'aime apprendre par cœur mais pas chercher. Ça m'a valu des grosses difficultés en math. J'aime pas les jeux d'énigme pour des raisons similaires. Bon faut recontextualisé que j'ai fait prépa donc c'est particulier et faut mettre en perspective par rapport à des gens d'autres milieux sociaux qui auraient pas pu y aller. J'suis pas à plaindre en somme 😅. Je me suis longtemps considéré comme uniquement un intellectuel. Pas dans le sens de la supériorité de l'intelligence mais dans un découpage idiot de "manuel versus intellectuel" classique. Non pas que je dévaluais nécessairement le manuel, mais j'étais persuadé que j'étais pas capable. Pas dégourdi. En gros "pas mon truc". Donc je pensais que ma contribution, notamment politique, ce serait d'avoir des bonnes idées. Faire de la théorie. Parce que je pensais le reste inaccessible. Il se trouve qu'en fait : pas du tout. Déjà cette dichotomie est absurde, mais en plusse, je suis capable de mes mains, et en plusse j'adore ça. J'adore la méca, le secourisme, j'ai beaucoup aimé allé en manif, j'aime orga des choses et participer à faire des groupes et monter des actions. Donc j'ai du apprendre mes propres capacités en dé-essentialisant les choses. Ce qui a changé, c'est l'épuisement. J'ai jamais été gros lecteur, mais avant c'est en lisant que j'apprenais des choses, surtout politique. Et j'étais capable de lire des choses difficiles. Maintenant, un livre c'est impossible. J"ai l'espoir que ça revienne mais pour le moment : c'est hors de portée. Donc j'ai commencé à devoir avoir une culture oral, a apprendre en parlant avec des gens qui du coup "lisent pour moi" (c'est juste une façon de parler). Avec l'épuisement généralisé, mes capacités ont beaucoup diminuées. Et j'ai passé une période de ma vie à faire… purin mille trucs. Mouvement sociale, taf, les relations… courir partout et être perçu, et valorisé, comme une personne qui fait mille choses. Et donc l'épuisement à pris tout ça. Et ça me met en grande insécurité. Je vis avec l'impression que quelque soit mon domaine de prédilection, y'a toujours un'e pote qui sait faire mieux que moi. Que même sur mes sujets d"expertises" – au sens de mon investissement dans une discipline pas de la quantité de choses que je sais – je suis jamais "le plusse calé". Au mieux, les autres sont à égalité avec moi plutôt que plusse compétents. J'en parlais justement à une partenaire hier qui me disait "mais tel sujet, les autres ils savent pas faire". Et c'est vrai, sur le sujet mentionné, je suis un peu la plusse calé. Mais, y'a quand même des potes qui en savent plusse mais qui gravitent pas dans les même cercles. Donc mon cerveau cherche activement des contre exemples en permanence. Et comme j'ai pas mal de connaissances (relations) et beh y'a toujours quelqu'un. C'est du style "oui mais bidule est vachement plusse calé que moi sur ce sujet". Et puis y'a le fait que je suis pas spécialement objectivement compétent sur le dit sujet. Je pratique pas et je trouve pas le temps de faire de la place pour apprendre de la théorie. Donc je stagne De tout ça ressort clairement que y'a un énorme point perso de mon propre rapport aux choses. Ce que j'attends de moi, comment j'ai aucune fierté et respect pour ce que je fais parce que c'est jamais assez. Le pire pendant du perfectionnisme. Je vois toujours le mouvement vers l'avant que j'ai : dès que quelque chose est acquis ou accompli, la célébration de ça passe vite et prend sa place la pression pour la chose d'après, le "coup d'après" pour faire une métaphore type jeu de plateau. Ça m'a beaucoup poussé a la performance, mais c'est aussi très exigent et épuisant. Et quand le corps suit plu : ça marche juste pas. Du tout. 1/2

Replies (2)

  • @irrlicht@social.lithio.fr 2026-04-13 08:43

    @oblio@piaille.fr Enfin, pour ce qui est d'apprendre, comme dit, j'aime le par cœur. Je pouvais apprendre par cœur très vite sans trop d'effort, c'est plu le cas. Et le seul truc qui marche : la répétition. Je re-regarde beaucoup les vidéos YouTube que j'aime bien. J'en viens à connaitre très bien les répliques, les petites phrases. Et ca me serre. Innuendo Studio et sa série sur le fascisme de l'alt-right vit dans ma tête et m'a beaucoup nourrit. Et ça marche surtout si ce sont des ref accessibles et c'est très divertissant. J'aime beaucoup F.D. Signifier mais je l'ai moins ré-écouter parce que ses vidéos sont plusse difficiles d'accès pour moi. Y'a des ref culturelles que j'ai pas (il est trop fort en rap/hip-hop) et puis c'est un mec noir américain, donc forcément y'a des choses qui sont pas ma culture du tout et c'est moins facile à écouter de façon casuelle et distraite sans passé à côté d'un truc. Et je vois l'envie de performer que j'ai. De connaitre les répliques au mot près. C'est un gros truc dans ma construction sociale le par cœur, y compris dans les rapports sociaux en dehors d'un contexte école/emploi. On m'a toujours beaucoup valorisé pour ça. Et c'est moins possible aujourd'hui. Parce que l'épuisement. Parce que j'ai une vie d'adulte diversifié avec plein de choses dedans, et donc y'a moins de place pour de la concentration coupée en deux ou des heures passées devant un ordi à re-re-regarder les mêmes choses. C'est une bonne chose pour ma vie, mais ça me rend inaccessible un truc qui fut mon identité. Et c'est difficile de lacher prise. J'ai encore énormément un désir de pouvoir apprendre des trucs plaisant par cœur. Et je vois comment c'est une forme de nostalgie pour ce qui a été. Même si, je pense c'est aussi soutenant pour moi d'apprendre certains trucs par cœur et pouvoir les citer au mot près. Je vois comment c'est anti-stresse pour moi dans beaucoup de situation sociale de pouvoir faire des citations, que les gens les connaissent ou pas d'ailleurs. C'est premier degré relaxant et ça sort souvent tout seul. J'hésite a parler de "stim" mais je trouve certaine similarités. Voilà, c'était les gros pavé de ce que m'évoque ce que tu racontes. Je pense que ce que tu vis fais beaucoup écho même si il me semble qu'on a des vécus assez différent. J'espère que dans tout ça tu pourras trouver quelque chose qui t'apporte. Merci d'avoir provoqué ces réflexions en moi 2/2

    Open ##2733816

  • @oblio@piaille.fr 2026-04-14 07:13

    @irrlicht@social.lithio.fr Par rapport à la lecture, j'ai un ami qui a aussi de la fatigue chronique qui m'a beaucoup parlé de la technique collective de l'arpentage. Je trouve ça assez chouette de rendre digeste un livre en le coupant en autant de morceau que de participant. Un temps dedié à la lecture mais ensemble. Je trouve ça assez chouette. Ça me donne envie d'en organiser quand mon état iras un peu mieu. Mais en te lisant sur l'impression que il y auras toujours quelques-uns avec une meilleur expertise que toi. Je me suis demandé qu'est se qui se cache réellement derrière cette insécurité ?

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