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Réflexion spirituelle du dimanche - "La personne et le Sacré"
2026-05-13 10:49 UTC
Je pense que le #Christ importe à l'humanité, qu'on soit ou non chrétien, qu'on soit juif ou musulman. Il n'y a pas besoin que tout le monde s'accorde sur la divinité du Christ pour cela. Le Christ a minima exerce un rappel sur ce qu'il y a de #Dieu dans toute la Création et nous aiguille sur notre rapport à celle-ci (sur le chemin qu'on y suit, sur les pas que nous suivons), à travers une figure qui lui est incorporée. Dans Matthieu 25 il n'y a pas qu'une "leçon de morale", il y a un rappel du fondamental anti idolâtre, base profonde du monothéisme, meilleure critique qui soit du fait religieux, en partant de la sacralité des petits, les nécessiteux.
#SimoneWeil m'y renvoie avec brio dans son texte "la personne et le sacré" en rappelant que ce qu'il y a de sacré chez un être humain, ce n'est pas la personne humaine, mais l'intégralité de son être par le biais de la part impersonnelle chez lui, celle qui lorsqu'un malheur lui est infligée, crie intérieurement "pourquoi me fait-on du mal ?".
Lorsqu'on trouve plus choquant de voir un soldat israélien briser une statue du Christ que de voir tué un palestinien ou un prêtre chrétien d'orient au Liban, on a déjà sombré dans la plus terrible des idolâtries. Bien que le blasphème indique beaucoup sur la moralité d'un individu ou d'une institution, il y a plus de divinité en un être humain qu'en une statue de terre ou de pierre. Et la déshumanisation d'autrui habillée de justifications idolâtres est la pire insulte à Dieu, Père, Christ, Saint Esprit.
"Le mot de personne, il est vrai, est souvent appliqué à Dieu. Mais dans le passage où le Christ propose Dieu même aux hommes comme le modèle d’une perfection qu’il leur est commandé d’accomplir, il n’y joint pas seulement l’image d’une personne, mais surtout celle d’un ordre impersonnel : « Devenez les fils de votre Père, celui des cieux, en ce qu’il fait lever son soleil sur les méchants et les bons et tomber sa pluie sur les justes et les injustes. »"
"Il y a depuis la petite enfance jusqu’à la tombe, au fond du cœur de tout être humain, quelque chose qui, malgré toute l’expérience des crimes commis, soufferts et observés, s’attend invinciblement à ce qu’on lui fasse du bien et non du mal. C’est cela avant toute chose qui est sacré en tout être humain.
Le bien est la seule source du #sacré. Il n’y a de sacré que le bien et ce qui est relatif au bien.
Cette partie profonde, enfantine du cœur qui s’attend toujours à du bien, ce n’est pas elle qui est en jeu dans la revendication. Le petit garçon qui surveille jalousement si son frère n’a pas eu un morceau de gâteau un peu plus grand que lui cède à un mobile venu d’une partie bien plus superficielle de l’âme. Le mot de justice a deux significations très différentes qui ont rapport à ces deux parties de l’âme. La première seule importe.
Toutes les fois que surgit au fond d’un cœur humain la plainte enfantine que le Christ lui-même n’a pu retenir : « Pourquoi me fait-on du mal ? », il y a certainement injustice."
arnaudmaisetti.net/spip/anthol…
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