Elektrine lite

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@Plume@corneill.es

Post #2164234

2026-05-07 15:50 UTC

Cet aprem en faisant du montage (on a filmé les lectures hier soir à la soirée du bout de la campagne) j'ai écouté cette vidéo youtube de Grande Bavardeuse qui raconte le déroulé d'un procès : celui de Zemmour (et de gens politiquement alignés avec lui) ayant organisé le harcèlement d'une enseignante en classe prépa khâgne. L'histoire pour le dire brièvement : Y'avait une proposition de journée d'étude à Calais (à la rencontre des professionnels travaillant avec les migrants), et une association d'extrême droite "parents vigilant" a fait une panique morale à partir de là, comme quoi c'était de l'endoctrinement d'enfants, d'ailleurs l'enseignante était engagée par ailleurs. J'vous met un extrait qui parle de la plaidoirie de l'avocat de l'enseignante : Ce qu'on a constaté selon lui ici, c'est ce qu'on peut appeler la fabrique de la rumeur. [...] Pour lui, tous les points de la diffamation sont réunis.[Et surtout il constate qu'on entend toujours beaucoup parler d'Eric Zemmour]. Sa communauté a d'ailleurs augmenté. [Deux personnes impliquées dans le harculement] sont nouvellement élus. [Une des "mère vigilante"] est devenue coordinatrice de "parents vigilants". En fait, pour tous, ces infractions sont devenues des promotions. Et ça ça nous empêche de supposer une quelconque forme de bonne foi de la part de ces personnes. Commettre un acte de diffamation, mais de bonne foi (c'est-à-dire sans véritablement le faire exprès), implique d'avoir fait un minimum d'efforts d'enquête et de recherche. Ce n'est pas le cas ici. Il est certain qu'on ne peut que se tromper quand on sort des informations de son chapeau. En gros, on a même envoyé des mails au rectorat sans en attendre la réponse parce qu'on savait qu'il y avait un coup à faire. Et en fait j'écoutais toutes ces descriptions des méthodes de l'extrême droite, et tout ce que j'arrivais à penser c'est les fois où je les ai vue à l'œuvre chez des gens qui se revendiquent pourtant féministes, de gauche, queer, militants, etc. Y'a tous les points. J'veux dire : pas seulement l'instrumentalisation d'un danger fantasmé (tout l’argumentaire repose sur l'idée qu'on endoctrinerait des enfants, or les enfants sont fragiles, il faut les protéger. Peu importe qu'en l'occurence il n'y ai pas d'enfants impliqués : en classe prépa les gens sont majeurs, globalement. Les paniques morales queer reposent sur exactement les mêmes arguments quand on voit fleurir les callout pour des histoire de VSS ou de "grooming"). Le point sur lequel je veux insister c'est surtout le fait que dans l'écosystème / le réseaux que les harceleurs ont formés : répandre ce type de rumeurs/panique morale permet de gagner du pouvoir et de l'influence. C'est ça, je crois, qui devrait nous alerter : on a un problème à partir du moment où les gens qui s'inventent "lanceurs d'alerte" en carton sur des situations qui ne les concernent même pas enchainent souvent avec des messages de type "merci pour la vague de follow ! je me présente blablabla". Bref once again : faut qu'on apprenne à reconnaître le fascisme pas seulement en terme d'étiquette apposée à des partis politiques, mais en terme de dynamiques et de comportement. (Je vous renvoie à mon article dédié à ces dynamiques justement, qui essaie de trouver comment aider à le reconnaitre. Et si vous le voulez en version papier/zine : il est aussi dans les contributions du crowdfunding du bout des bois pour encore 10 jours !)

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