Post #1746039
2026-04-28 14:26 UTC
Or donc : je suis à cette journée d'étude sur les perso queers dans les séries, et ça me fait penser que j'ai dernièrement regardé la série "A league of their own" dont j'avais vu des extraits sur instagram. C'est l'histoire d'un groupe de femmes qui sont recrutées en pleine 2nd guerre mondiale pour constituer une ligue féminine de baseball (à une époque donc où les hommes valides sont envoyer sur le front et ne peuvent plus jouer à la balle).
Il s'avère que c'est une adaptation d'un film (du même nom) avec Madonna, que je suis allé voir aussi. (NB : le film a été suivi l'année d'après par une mini série avec une partie du cast maintenue, que je n'ai pas regardée).
Et en fait c'est intéressant de comparer les différences entre les deux.
La série de 2020 est clairement queer, dans un sens très moderme : l'idée de base, c'est que dans une ligue d'un sport jusqu'à présent réservé au hommes, les femmes intéressées (et compétente) pour prendre le relais on de grandes chances de ne pas être hétéro.
Du coup : on suit l'héroïne qui se découvre une attirance pour les femmes au contact d'une autre joueuses hyper-féminine (jouée par D'Arcy Carden, aka Janet dans The good place) qui se protège en jouant beaucoup à flirter avec les hommes pour rester insoupçonnable (et donc safe).
On voit aussi sa meilleure amie butch, et d'autres meufs qui fréquentent des bars gay (des violences policières dans ces lieux sont montrées)
Y'a aussi l'ajout d'une trame narrative qui n'existait pas dans le film original sur une joueuse de baseball afroaméricaine qui, parce qu'elle n'est pas blanche, n'a pas l'opportunité de participer au recrutement pour la ligue féminine (bien qu'elle soit identifiée comme une des meilleures pitcheuse).
Ca donne lieu à des parallèles intéressants, mais révèle aussi à quel point le tout est romancé : il y a une forme d'amitié qui se noue entre l'héroïne (capitaine de son équipe) et Max (la joueuse afroaméricaine recalée par principe) qui n'a aucun sens. Comment en effet être amie avec quelqu'un qui est parvenu à entrer dans le milieu auquel tu rêves d'accéder et qui ne fait littéralement rien pour t'aider ?
C'est vraiment pas inintéressant, au contraire, car le fait d'avoir fait de ces deux personnages des confidentes permet d'appuyer sur les différences entre leurs conditions respectives (puisqu'elles peuvent littéralement comparer leurs vécus sur le lesbianisme et leur place en temps que sportives en 194x). Et y'aurait du coup plein de choses à dire sur le féminisme blanc à partir de cette série.
Par rapport à tout ça : le film de 92 est vraiment très hétéro, et presque plus réaliste en ce sens. Ce n'est pas que ces femmes sont absolument hétéro jusqu'au bout des os, mais elles sont absolument enjointes à l'être. Si elles ne le sont pas : elles ne sortiront jamais du placard.
À ce titre, l’héroïne n'a pas une relation lesbienne avec une coéquipière, qui la pousse à questionner son mariage : elle a une connexion (qui ne mène pas à une romance) avec le coach, et dès que son mari rentre de la guerre elle met fin à sa carrière (elle finit quand même la saison, mais n'a aucune envie de poursuivre une carrière pro, préférant aller fonder une famille).
De même l'hyper-féminité et le comportement très flirty du personnage de D'Arcy Carden (jouée dans le film par Madonna) n'est pas un moyen de performer l'hétérosexualité pour ne pas être vue comme potentiellement lesbienne : c'est juste une meuf qui aime bien se taper des gars (ce qui est en soi une déviance à une époque où les femmes sont censées être fidèles à un seul homme : leur mari. C'est vrai que dans ce contexte on peine à voir comment multiplier les dates peut préserver de quoi que ce soit)
Replies (1)
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@luvan@mamot.fr 2026-04-28 14:45
@Plume@corneill.es Je te conseille, si ce n'est déjà fait, de regarder le documentaire sur Terry Donahue et Pat Henschel, les joueuses de la League ayant inspiré ces deux métrage. https://en.wikipedia.org/wiki/A_Secret_Love