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Post #1610215

2026-04-23 07:55 UTC

Le dernier post de Valérie Rey-Robert à propos de la condamnation de Ruggia est dur à entendre mais très juste. La gauche a une doctrine pénale. Ou plutôt : elle devrait en avoir une, cohérente, qui ne varie pas selon la sympathie qu'on éprouve pour le condamné ou la honte que lui inspire sa victime. Cette doctrine, elle dit que la peine a pour fonction la réhabilitation autant que la sanction. Qu'une peine excessive ou disproportionnée ne rend pas justice aux victimes, elle satisfait un besoin de rétribution qui, aussi humain soit-il, n'est pas un programme politique. Qu'un droit pénal d'exception construit pour les « monstres » s'appliquera demain aux militants. C’est d’ailleurs déjà le cas. Que les aménagements de peine sont une avancée civilisationnelle, pas une faiblesse. ⤵️

Replies (1)

  • (suite et fin de citation) Évidemment que nos tripes nous disent autre chose. Les miennes aussi. Mais on vaut mieux que nos tripes et surtout, on sait, parce que c'est documenté, que la surenchère pénale est inefficace. Ruggia a pris une peine lourde, réelle, conséquente. Exiger davantage au nom d'une justice émotionnellement satisfaisante, c'est construire le monde pénal dans lequel nos ennemis politiques nous attendront. Nous, féministes, ne devons pas, parce que nous luttons au quotidien contre les violences sexistes et sexuelles, considérer qu'il faut durcir notre politique carcérale. Ce serait confondre la cause des victimes avec la satisfaction de nos affects et laisser à la droite le soin de définir, à notre place, ce que protéger les femmes veut dire. 🟦

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