Post #1431025
2026-04-13 20:46 UTC
Y'a quand même un truc qui me perturbe avec le lesbianisme politique, qui est je crois assez symptomatique des mouvements millitants contemporains plus largement : c'est le besoin de justifier politiquement des choses qui n'ont 1. pas besoin de l'être et qui 2. ferraient mieux de ne pas l'être.
Ex : je peux comprendre la situation "t'as constaté que t'étais globalement plus attirée par les meufs, du coup tu te dis lesbienne parce que ça encapsule pas mal ton orientation sexuelle et que tu traines avec des gens qui se définissent aussi comme ça donc c'est un peu ta culture. Par ailleurs avoir du désir physique pour ta partenaire c'est super important pour toi, pour que tu te sentes bien dans ton couple. Mais un jour, une personne avec qui tu sortais transitionne vers le masculin, et tu te rends compte (alors que ton corps/son odeur/sa voix change) que son odeur que ton désir a disparu :/. Et ça te fait remettre en question votre relation. Et vous finissez tristement par rompre, alors que vous vous aimiez. Et c'est vraiment nul. Mais c'est comme ça : ça ne marchait juste plus".
C'est pas une rupture "pertinente".
Et en fait c'est ok ?
Y'a des ruptures qui sont nulles.
Ça va blesser ton partenaire (comme toutes les ruptures, mais ici d'autant plus que ça va forcément appuyer sur toute la transphobie, y compris internalisée, que ledit partenaire subit par ailleurs en raison de sa transition), mais ça fait pas de toi en soi une mauvaise personne.
Jsp y'a une valeur à admettre la nullité de la rupture (et ptet paradoxalement c'est en étant capable de dire "mes raisons de rompre sont/étaient nulles" que tu évites que le truc nul dans l'histoire : ce soit toi)
J'peux même entendre des raisons encore moins avouables du type "en fait tu fréquentes plein d'event en non mixité lesbienne et maintenant que tu sors avec un mec tu te rends compte que t'es traitée comme une bi, et que tes potes sont toustes biphobes, et que t'es pas prête à rompre tout ton cercle social pour ton gars" ou même "t'as pas fini de travailler sur tes trauma et du coup les voix grave ou whatever attribut masculin que ton mec a à présent te trigger et c'est juste pas possible pour votre relation" ou l'infamant "tu te rends compte que t'avais vraiment un kink sur une forme spécifique d'organe sexuel et t'aime plus le sexe depuis la SRS de ton gars, et flemme de déconstruire ça"
Mais quel besoin d'aller inventer que cette rupture serait en fait politiquement pertinente, car "gnagnagna je fais la grève des hommes dont s'il y en a un dans ma vie se serait comme renier tous mes engagements, mes principes, et moi-même" ?
Change de principe en fait ?
Bref : je crois que le problème, c'est qu'on ne laisse pas assez la possibilité aux gens de faire des choses pas ouf sans leur renvoyer directement "tu es une merde". Du coup, il faut s'inventer des justifications (même foireuses), qu'importe que ce soient elles, in fine, qui nous rendent médiocres
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